{"id":41,"date":"2025-01-29T08:39:11","date_gmt":"2025-01-29T08:39:11","guid":{"rendered":"https:\/\/bernardcabane.net\/?page_id=41"},"modified":"2025-02-07T08:59:35","modified_gmt":"2025-02-07T08:59:35","slug":"chapitre-4-les-aventures-a-deux-avant-larrivee-des-enfants","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/bernardcabane.net\/?page_id=41","title":{"rendered":"06. Les aventures \u00e0 deux avant l\u2019arriv\u00e9e des enfants."},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><a><\/a><a><\/a><a>Glisser sur la neige, est-ce naturel&nbsp;?<\/a><\/h2>\n\n\n\n<p>Los Angeles est entour\u00e9e de montagnes (altitudes 2600 \u00e0 3300 m), et il a neig\u00e9 dans la nuit sur ces montagnes. Je souhaite f\u00eater \u00e0 ma mani\u00e8re l\u2019arriv\u00e9e de cette nouvelle neige. C\u00e9lie emprunte une voiture \u00e0 ses parents et nous prenons le t\u00e9l\u00e9f\u00e9rique de San Jacinto pour marcher dans la neige fraiche. Nous plantons la tente et \u00e9talons nos matelas pour dormir sur la neige. Le lendemain nous marchons en enfon\u00e7ant beaucoup dans la couche de neige fraiche. Nous sommes vite \u00e9puis\u00e9s.&nbsp;Je dis alors \u00e0 C\u00e9lie qu\u2019il existe des \u00e9quipements faits pour faciliter les d\u00e9placements en p\u00e9riodes de fort enneigement&nbsp;: ce sont les raquettes \u00e0 neige et les skis. Elle n\u2019a qu\u2019\u00e0 mettre ses pieds sur des skis, et elle glissera sans efforts. Les WE suivants nous reprenons la voiture pour aller dans une station de ski \u00e9quip\u00e9e de remont\u00e9es m\u00e9caniques. C\u2019est l\u2019occasion pour C\u00e9lie d\u2019une initiation au ski de descente. Elle d\u00e9couvre que les skis servent \u00e0 glisser, mais elle ne veut surtout pas glisser. J\u2019essaie de lui expliquer que cette glissade peut \u00eatre tr\u00e8s bien contr\u00f4l\u00e9e, mais je n\u2019emporte pas sa conviction. Pourtant, Il y a quelque chose qui semble magique dans la possibilit\u00e9 de glisser sur la neige avec peu ou pas d\u2019efforts tandis que les pi\u00e9tons s\u2019\u00e9puisent \u00e0 enfoncer leurs pieds \u00e0 travers la couche de neige.<\/p>\n\n\n\n<p>Il me revient une histoire que mon grand-p\u00e8re m\u2019avait racont\u00e9e. Cela s\u2019est pass\u00e9 en 1904, alors que, jeune ing\u00e9nieur, il travaillait dans une usine \u00e9lectrochimique situ\u00e9e&nbsp; sous le Val d\u2019Aran, vall\u00e9e oubli\u00e9e au c\u0153ur des Pyr\u00e9n\u00e9es. Cette vall\u00e9e appartient \u00e0 la Catalogne administrative, mais on y parle l\u2019occitan et la Garonne emm\u00e8ne les eaux vers la France. Une vall\u00e9e faite de petits villages en pierres et ardoises, d\u2019immenses for\u00eats et de cimes flirtant avec les 2500 m\u00e8tres. Dans l\u2019usine, mon grand-p\u00e8re \u00e9tait responsable d\u2019un four \u00e9lectrique dans lequel il chauffait jusqu\u2019\u00e0 le fondre un affreux m\u00e9lange de sable et de charbon. Le silicium, extrait du sable, se liait au carbone, venu du charbon et produisait des granules de carbure de silicium, aussi appel\u00e9 Carborandum. Ces granules sont incroyablement durs, ils peuvent rayer n\u2019importe quel autre mat\u00e9riau sauf le diamant. Plus dur que \u00e7a et tu meurs&nbsp;! On les emploie pour fabriquer des mat\u00e9riaux abrasifs comme la toile Emeri, rayer des surfaces m\u00e9talliques et obtenir de belles surfaces d\u00e9polies. Les \u00e9lectro chimistes ont aussi pouss\u00e9 \u00e0 bout&nbsp;leurs fours \u00e9lectriques, en esp\u00e9rant faire des diamants artificiels, mais sans aucun succ\u00e8s&nbsp;: avec du sable et du charbon ils ont toujours fait des granules de carbure de silicium et un gaz toxique pour les op\u00e9rateurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne sais pas si ce suit est une histoire ou une l\u00e9gende. A cette \u00e9poque la pratique du ski \u00e9tait une nouveaut\u00e9 connue dans quelques stations thermales, dont Luchon, proche du Val d\u2019Aran. Cette ann\u00e9e &#8211; l\u00e0 il avait beaucoup neig\u00e9 sur les Pyr\u00e9n\u00e9es, et dans les villages de montagne tout le monde \u00e9tait confin\u00e9 par la couche de neige. Mon grand-p\u00e8re s\u2019\u00e9tait procur\u00e9 des skis, je ne sais pas comment. Pour sa premi\u00e8re sortie \u00e0 skis il avait choisi une route qui allait vers un village espagnol proche de l\u2019usine. En le voyant glisser \u00e0 travers leur campagne, les habitants crurent que ce personnage qui n\u2019enfon\u00e7ait pas dans la neige fraiche b\u00e9n\u00e9ficiait d\u2019une force surnaturelle&nbsp;; Il pouvait \u00eatre le diable. Ils firent sonner le tocsin. Heureusement pour mon grand-p\u00e8re, il y avait l\u00e0 parmi les villageois des ouvriers de l\u2019usine, qui le reconnurent&nbsp;: C\u2019\u00e9tait Monsieur l\u2019ing\u00e9nieur et pas le Diable.<\/p>\n\n\n\n<p>70 ann\u00e9es apr\u00e8s l\u2019aventure de mon grand-p\u00e8re, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 pris d\u2019une passion pour les grands espaces et le ski de fond. Nous \u00e9tions \u00e9quip\u00e9s de skis de fond en bois et de \u00ab&nbsp;farts \u00bb, des p\u00e2tes dont la mission est de contr\u00f4ler le contact des skis sur la neige. En effet, en ski de fond, la technique classique est le pas alternatif dans lequel on pousse sur un ski pendant qu\u2019on avance l\u2019autre ski. On veut donc que le ski sur lequel on pousse s\u2019ancre solidement sur la neige mais qu\u2019il glisse facilement pendant la phase d\u2019avanc\u00e9e. Ancrage et glissement, ces comportements semblent tellement contradictoires qu\u2019on peut \u00eatre tent\u00e9s d\u2019y voir les effets de forces surnaturelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Si on n\u2019accepte pas les explications surnaturelles, il faut s\u2019int\u00e9resser au probl\u00e8me. En ski de fond, c\u2019est un petit miracle qui est accompli chaque matin par l\u2019application sur la semelle des skis d\u2019une couche de fart de duret\u00e9 adapt\u00e9e \u00e0 la forme et \u00e0 la r\u00e9sistance des cristaux de la neige qu\u2019on s\u2019attend \u00e0 rencontrer dans la journ\u00e9e. Si la couche de fart est trop dure ou trop mince, les cristaux de neige ne s\u2019enfoncent pas dans cette couche et le ski glisse tout le temps, m\u00eame pendant l\u2019impulsion du pas alternatif. Le skieur reste sur place parce qu\u2019il ne peut pas pousser sur la neige. Si la couche de fart est trop molle ou trop \u00e9paisse, les cristaux de neige rentrent compl\u00e8tement dans la couche de fart et le m\u00e9lange fart + neige forme sous le ski un sabot qui a la consistance des boules de neige qu\u2019on fait en tassant la neige dans les mains. Le skieur avance tr\u00e8s mal parce qu\u2019il y a des sabots de neige sous ses skis. Mais, si le fart est bien choisi et bien appliqu\u00e9, les cristaux de neige accrochent la couche de fart sans y p\u00e9n\u00e9trer, et on peut alterner glissement quand on avance le ski sans faire pression dessus et r\u00e9sistance sous forte pression lors de la phase de pouss\u00e9e du pas alternatif. Comme les cristaux de neige changent au cours de la journ\u00e9e et d\u2019un jour \u00e0 l\u2019autre, il est essentiel de bien examiner la neige pour choisir le fart qu\u2019on applique sous les skis&nbsp;; un bon choix de fart et vous voil\u00e0 filant entre les sapins, un mauvais choix et vous n\u2019arriverez pas au premier sapin parce que vous allez accumuler la neige de la trace dans les \u00ab&nbsp;sabots&nbsp;\u00bb qui se formeront sous vos skis.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous passons quelques jours \u00e0 essayer de maitriser le fartage de nos skis. Il nous reste de cette p\u00e9riode un respect pour la neige, mat\u00e9riau toujours changeant sous l\u2019effet du temps, du vent, de la temp\u00e9rature, des variations de temp\u00e9rature et des gradients de temp\u00e9rature.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><a><\/a><a><\/a><a>Hiver 1976, clandestins dans un train suisse.<\/a><\/h2>\n\n\n\n<p>Nous faisons un s\u00e9jour de ski en Engadine, un ensemble de hautes vall\u00e9es situ\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 est de la Suisse, o\u00f9 l\u2019on trouve des maisons tr\u00e8s joliment d\u00e9cor\u00e9es. Nous logeons dans une petite auberge, dont je ne me souviens pas de la d\u00e9coration ext\u00e9rieure, mais \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, l\u2019aubergiste a plant\u00e9 un troph\u00e9e (sanglier, cerf, chevreuil) de ses chasses en haut de chaque mur de la salle \u00e0 manger. C\u00e9lie me dit qu\u2019elle a l\u2019impression d\u2019\u00eatre regard\u00e9e par tous ces animaux pendant qu\u2019elle mange et elle n\u2019aime pas cela.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre s\u00e9jour se termine un samedi. Il faut savoir qu\u2019en Suisse, on peut aller n\u2019importe o\u00f9&nbsp;mais pas n\u2019importe avec les bus postaux, sauf le samedi, qui est le grand jour de repos.&nbsp; J\u2019ai mal lu l\u2019horaire des cars et voil\u00e0 que le dernier bus passe devant nous en faisant sonner sa corne. Je consulte&nbsp; l\u2019horaire des chemins de fer rh\u00e9tiques et je vois qu\u2019il y a encore un train qui quitte&nbsp;l\u2019Engadine et nous le prenons. Mais il arrive \u00e0 la gare r\u00e9gionale de Coire trop tard pour que nous ayons la correspondance avec le train pour Paris. En &nbsp;effet, en arrivant \u00e0 Coire, &nbsp;nous ne trouvons qu\u2019une gare sombre et d\u00e9sert\u00e9e, m\u00eame le chef de gare est parti se coucher&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, sur la derni\u00e8re voie du faisceau de la gare, il y a un train de voitures \u2013 couchettes qui sont \u00e9clair\u00e9es, chauff\u00e9es et bien gard\u00e9es. Un train de nuit partant de la Suisse orientale \u00e0 cette heure-ci ne peut aller ailleurs qu\u2019\u00e0 Paris. Nous nous renseignons. C\u2019est un train affr\u00e9t\u00e9 par le Club Med pour rapatrier les Gentils Membres (GM) qui ont ski\u00e9 et dans\u00e9 pendant une semaine \u00e0 Livigno, une station de ski Italienne o\u00f9 sont garantis neige, soleil et bronzage sous l\u2019attention des Gentils Organisateurs (GO).<\/p>\n\n\n\n<p>On nous explique pourquoi le Club Med ne va certainement pas laisser des touristes b\u00e9n\u00e9ficier de prestations r\u00e9serv\u00e9es aux Gentils Membres. Des camions arrivent sur le quai, charg\u00e9s de valises, puis des bus avec les Gentils Membres. Nous sommes de trop, mais l\u2019identification des valises est l\u2019occasion d\u2019une bousculade bienvenue. Nous profitons d\u2019un moment d\u2019inattention des Gentils Organisateurs pour nous glisser dans le train. Nous devenons des passagers clandestins. Il s\u2019agit d\u2019\u00e9viter d\u2019\u00eatre rep\u00e9r\u00e9s par les Gentils Organisateurs qui quadrillent les compartiments couchettes.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des compartiments, \u00e7a ne va pas du tout&nbsp;: chacun et chacune voudrait \u00eatre dans un autre compartiment, avec telle ou telle autre personne. L\u2019une insiste pour un \u00e9change de places, une autre ne comprend pas comment d\u2019autres passagers peuvent avoir tant de bagages. Un Gentil Membre hurle&nbsp;en pointant le doigt vers C\u00e9lie qui essaye de recenser discr\u00e8tement les couchettes disponibles&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Qu\u2019elle parte&nbsp;!&nbsp;\u00bb Je comprends leur r\u00e9action&nbsp;: Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 GENTILS pendant toute la semaine et (peut-\u00eatre) s\u2019\u00eatre fait \u00e9conduire vendredi \u00e0 la danse de la derni\u00e8re chance, les Gentils membres n\u2019en peuvent plus. Le niveau d\u2019animosit\u00e9&nbsp;verbale d\u00e9passe tout ce que j\u2019ai connu dans les trains couchettes normaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous raisonnons que les Gentils Organisateurs sont fatigu\u00e9s en fin de semaine. Si nous ne leur pr\u00e9sentons pas un probl\u00e8me suppl\u00e9mentaire, nous esp\u00e9rons qu\u2019ils voudront bien regarder ailleurs. Nous essayons alors de nous rendre invisibles.&nbsp;Nous jouons aux amants qui viennent de se rencontrer&nbsp;:&nbsp; il faut ne pas les d\u00e9ranger, n\u2019est-ce pas&nbsp;? On va&nbsp;les laisser s\u2019occuper l\u2019un de l\u2019autre, n\u2019est-ce pas&nbsp;? Effectivement, parmi les 4 Gentils Organisateurs et 100 Gentils Membres qui sont dans ces deux voitures, plus personne ne nous adresse la parole au-del\u00e0 de \u00ab&nbsp;excusez-moi&nbsp;\u00bb pendant l\u2019heure qui suit. Aurions-nous obtenu le m\u00eame r\u00e9sultat si nous avions jou\u00e9 des r\u00f4les&nbsp;diff\u00e9rents&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Notre train part enfin. Et le miracle ferroviaire se reproduit&nbsp;comme d\u2019habitude&nbsp;:&nbsp; la musique des roues et les chocs r\u00e9guliers sur les rails calment les hostilit\u00e9s dans les compartiments. Nous arrivons \u00e0 Paris peu apr\u00e8s 8 h du matin avec 10 minutes d\u2019avance. Nous avons tr\u00e8s peu dormi, c\u2019est le lot des passagers clandestins, mais nous sommes \u00e0 temps pour la sieste chez mes parents.<\/p>\n\n\n\n<p>La recherche de l\u2019invisibilit\u00e9 me rappelle cette vid\u00e9o dans laquelle un gorille s\u2019introduit dans un groupe qui joue au basket-ball, fait une grimace et puis dispara\u00eet (voir la vid\u00e9o apr\u00e8s avoir re\u00e7u la premi\u00e8re s\u00e9rie d\u2019instructions sur le site www.viscog.com) Les personnes qui visionnent cette vid\u00e9o pour la premi\u00e8re fois re\u00e7oivent l\u2019instruction de compter les passes des joueurs habill\u00e9s en blanc. Focalisant leur attention sur les joueurs habill\u00e9s en blanc, les visionneurs na\u00effs ne voient pas l\u2019intrus qui est tout noir. Malgr\u00e9 la grimace du gorille, celui-ci fait \u00e0 peu pr\u00e8s ce qu\u2019on attend d\u2019un joueur, donc le cerveau d\u2019un visionneur na\u00eff peut transmettre un rapport d\u2019attention s\u00e9lective :&nbsp;\u00ab&nbsp;des joueurs se passent la balle, les blancs font 15 passes pendant le temps de la video&nbsp;\u00bb sans rajouter l\u2019information non demand\u00e9e \u00ab&nbsp;un intrus traverse et puis s\u2019en va&nbsp;\u00bb. Dans le train du Club Med, nous \u00e9tions les intrus, et il nous aurait \u00e9t\u00e9 utile de focaliser l\u2019attention sur un autre probl\u00e8me de la r\u00e9partition en compartiments, par exemple la s\u00e9paration dormeurs\/joueurs. Mais le risque de d\u00e9rapage aurait \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre comportement avait le m\u00e9rite de mettre en jeu une r\u00e8gle non \u00e9crite des vacances au Club Med&nbsp;: l\u2019approche des personnes du sexe oppos\u00e9 est fortement encourag\u00e9e. En jouant aux amants, nous faisions preuve d\u2019adh\u00e9sion \u00e0 cette r\u00e8gle.<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous avions dispos\u00e9 de plus de temps, ou si nous \u00e9tions soumis \u00e0 moins de stress, ou si nous \u00e9tions face \u00e0 des groupes plus nombreux, aurions-nous trouv\u00e9&nbsp;de meilleures sources d\u2019invisibilit\u00e9&nbsp;? Peut-\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><a><\/a><a><\/a><a>Nos bivouacs <\/a>en amoureux<\/h2>\n\n\n\n<p>Si je crois mes souvenirs, nous avons couch\u00e9 au moins cinq fois au clair de lune ou sous les \u00e9toiles&nbsp;: &nbsp;\u00e0 une date inconnue en Normandie, en 1977 au sommet du Lanfonnet, en 2006 pr\u00e8s d\u2019un lac de montagne en Ubaye, \u00e0 une date inconnue sur le pont du ferry Marseille \u2013 Bastia,&nbsp;et \u00e0 une date inconnue sur le pont du ferry Rostock \u2013Trelleborg<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00e9lie m\u2019a racont\u00e9 que son p\u00e8re avait pris part au d\u00e9barquement en Normandie. Nous allons donc visiter les sites historiques. J\u2019ai choisi Honfleur, parce que je veux rester \u00e0 l\u2019\u00e9cart des grands attroupements touristiques de Trouville et Deauville. Nous errons dans les faubourgs de Honfleur, et en fin de journ\u00e9e nous trouvons un endroit o\u00f9 la nature vient encore au contact de la mer. Nous d\u00e9roulons nos sacs de couchage au coin d\u2019un champ, et nous passons la soir\u00e9e \u00e0 regarder le trafic des cargos qui passent l\u2019embouchure de la Seine vers les ports du Havre et de Rouen.<\/p>\n\n\n\n<p>Mauvaise surprise au r\u00e9veil&nbsp;: un homme jeune, arm\u00e9 d\u2019un fusil de chasse et accompagn\u00e9 d\u2019un chien, nous ordonne de d\u00e9guerpir. Il pr\u00e9tend que nous avons endommag\u00e9 ses cultures. Il d\u00e9fend son \u00ab&nbsp;pays&nbsp;\u00bb contre les envahisseurs, touristes et autres. Nous remballons nos affaires et nous partons sans argumenter.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est son champ, n\u2019est-ce-pas&nbsp;? J\u2019aurais pu lui dire que C\u00e9lie \u00e9tait la fille d\u2019un h\u00e9ros du d\u00e9barquement en Normandie, dans le genre&nbsp;: \u00ab&nbsp;Monsieur, vous ne savez pas \u00e0 qui vous parlez\u2026&nbsp;\u00bb Mais je doute que cela ait am\u00e9lior\u00e9 notre situation.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous \u00e9tions attir\u00e9s par le camping \u00ab&nbsp;sauvage&nbsp;\u00bb, qui consistait pour nous \u00e0 explorer un itin\u00e9raire, une vall\u00e9e, un col, une cascade, le bord d\u2019un lac, ou encore une ruine, et trouver l\u2019endroit o\u00f9 nous pouvions le mieux planter notre tente ou installer notre bivouac. En g\u00e9n\u00e9ral la campagne fran\u00e7aise n\u2019offre plus ces possibilit\u00e9s. Le littoral (sentier du bord de mer) s\u2019urbanise sous la pression des habitants \u00ab&nbsp;p\u00e9riurbains&nbsp;\u00bb. Seules les r\u00e9gions de montagne restent accueillantes pour les&nbsp;\u00ab&nbsp;sauvagistes&nbsp;\u00bb. C\u2019est ce qui fait leur charme.<\/p>\n\n\n\n<p>Je veux aussi montrer \u00e0 C\u00e9lie les neiges \u00ab&nbsp;\u00e9ternelles&nbsp;\u00bb du Mont Blanc. C\u2019est le plus haut sommet des Alpes, 4807 m d\u2019altitude, et il y a des glaciers sur tous les c\u00f4t\u00e9s. Je pense que les vues seront les plus belles au lever du soleil, avant que les brumes du matin ne d\u00e9gradent le trajet des rayons lumineux. J\u2019ai rep\u00e9r\u00e9 sur les cartes un sommet proche du lac d\u2019Annecy qui doit permettre une observation optimale de ces montagnes&nbsp;: c\u2019est le Lanfonnet. Pour y \u00eatre au lever du soleil, la meilleure solution est de coucher sur place. Nous allons donc faire ce qu\u2019on appelle un bivouac, c\u2019est \u00e0 dire dormir sous les \u00e9toiles.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier probl\u00e8me du bivouac, c\u2019est le poids du sac. Comment choisir les objets qui assureront un confort suffisant (un bon sac de couchage) et abandonner ceux dont la justification est futile (le super couteau suisse avec 25 lames). Je sais que, si je laisse entrer dans le sac tous les \u00e9quipements et v\u00eatements qui pourraient \u00eatre utiles, le poids total peut \u00eatre 200 % du poids du sac minimal, ce qui d\u00e9truirait le plaisir de la randonn\u00e9e. Pour des exp\u00e9ditions lointaines, j\u2019avais coutume de peser chaque objet, et de lui demander&nbsp;: &nbsp;Est-ce que tu vaux vraiment xxx kg&nbsp;? Cela peut s\u2019appliquer aux chaussures&nbsp;: les chaussures modernes sont incroyablement plus l\u00e9g\u00e8res que les chaussures en cuir. Cela vaut aussi pour le sac lui-m\u00eame&nbsp;: bien des sacs \u00e0 dos vides p\u00e8sent plus de 2 kg, sans n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Nos sacs sont donc trop lourds, et le chemin du Lanfonnet est trop raide. La nuit tombe d\u00e9j\u00e0 lorsque nous arrivons au col. Il faut trouver, vite, pour nos sacs de couchage, un emplacement qui soit bien plat, bien cach\u00e9 aux regards des passants, et avec toute la vue vers le Mont Blanc. Je choisis une petite plateforme, derri\u00e8re des arbustes et assez loin du chemin. Le r\u00e9chaud fait un bruit sympathique, et nous nous habillons pour dormir malgr\u00e9 le froid.<\/p>\n\n\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>On souffle un peu sur le chemin du Lanfonnet 1977<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Quelques heures apr\u00e8s le coucher du soleil, toute la montagne est baign\u00e9e par un clair de lune \u00e9blouissant, puis, quand la lune disparait au bord de l\u2019horizon, surgissent les \u00e9toiles &#8211; d\u2019abord une, puis deux, puis des millions d\u2018\u00e9toiles. Je me rappelle alors la stup\u00e9faction des astronomes imagin\u00e9s par Isaac Asimov dans \u00ab&nbsp;Nightfall&nbsp;\u00bb, qui s\u2019attendaient \u00e0 voir seulement 3 ou 4 astres.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre \u00e9quipement \u00e9tait lourd, certes, mais bien adapt\u00e9. Nous avons dormi. Au r\u00e9veil le Mont Blanc fait partie d\u2019un paysage de carte postale. Je m\u2019\u00e9vertue \u00e0 commenter les derni\u00e8res transformations de ce paysage, mais \u00e7a lui est bien \u00e9gal, elle est venue pour les \u00e9toiles, pas pour apprendre les hauteurs des sommets.<\/p>\n\n\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Are you sure that you want to sleep here?<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><a><\/a><a><\/a><a>A deux sous la tente<\/a> en Corse.<\/h2>\n\n\n\n<p>Des amis randonneurs nous avaient parl\u00e9 de la Corse comme la derni\u00e8re fronti\u00e8re sauvage en France. Les mots fronti\u00e8re et sauvage \u00e9taient rest\u00e9s plant\u00e9s dans mon esprit, en attente d\u2019une occasion. J\u2019avais consult\u00e9 la fameuse carte 1\/25000, et j\u2019en avais conclu qu\u2019il existait un r\u00e9seau de petits chemins, certes non balis\u00e9s sur le terrain, mais trac\u00e9s sur la carte \u00e0 partir des rep\u00e9rages a\u00e9riens. Est-ce que des randonneurs exp\u00e9riment\u00e9s ont vraiment besoin des balises blanche et rouge&nbsp;? Est-ce que la carte ne suffit pas&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>A P\u00e2ques au matin nous sommes passagers du ferry Marseille Bastia qui longe la cote du Cap Corse, puis passagers de l\u2019autorail qui va de Bastia \u00e0 Calvi en traversant le d\u00e9sert des Agriates, et enfin nous marchons sur la route qui part de Calvi vers le Sud. Tout cela m\u2019a l\u2019air bien apprivois\u00e9, n\u2018est-ce pas&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Nous voici enfin sur le chemin, et quelque chose ne va plus. Nous n \u2018avan\u00e7ons plus. Je ne te vois plus. Je t\u2019entends mais je ne te vois plus. Je voudrais bien venir mais je ne peux pas&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes chacun accroch\u00e9s par des centaines d\u2019\u00e9pines, et plus nous bougeons, plus nous sommes accroch\u00e9s. C\u2019est le maquis qui nous retient prisonniers. Il semble que ces arbustes \u00e0 \u00e9pines ont une pr\u00e9f\u00e9rence vicieuse pour prolif\u00e9rer sur le chemin, ou ce qu\u2019il en reste. Les animaux \u00e0 peau dure comme les sangliers sont peu g\u00ean\u00e9s par le maquis car les aiguilles ne les accrochent pas, par contre ceux \u00e0 la peau tendre et fine, comme les humains sont une proie facile pour le maquis. Et les humains qui se fient \u00e0 la carte au 1\/25000 sont des proies particuli\u00e8rement faciles, au vu de leur arrogance. En Corse, un chemin qui n\u2019est pas r\u00e9guli\u00e8rement entretenu pour les humains a pour vocation \u00e9vidente de se transformer en pi\u00e8ge \u00e0 randonneurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Dor\u00e9navant je serai plus prudent quant \u00e0 la qualit\u00e9 des itin\u00e9raires que j\u2019imagine en r\u00eavant sur la carte. Nous avons donc choisi un nouvel itin\u00e9raire qui emprunte essentiellement un chemin entretenu par le Parc National Corse. C\u2019est un itin\u00e9raire \u00ab&nbsp;en balcon&nbsp;\u00bb \u00e0 mi-hauteur entre la montagne et la mer, qui devrait nous offrir des vues spectaculaires&nbsp;: la montagne se divise en promontoires qui plongent litt\u00e9ralement dans la mer. C\u2019est une belle rencontre de la terre avec la mer. Oui mais cette rencontre de la terre avec la mer nous signale qu\u2019il faut tenir compte aussi de l\u2019\u00e9l\u00e9ment gazeux&nbsp;: quel vent mauvais pousse vers nous tous ces nuages empil\u00e9s&nbsp;? Ne devrions-nous pas nous pas nous inqui\u00e9ter de cette accumulation \u00e0 notre horizon ouest&nbsp;? En Corse, il ne pleut pas \u00e0 partir du mois mai, dit le Guide Bleu, et nous ne sommes qu\u2019en avril, nous pouvons donc \u00eatre atteints par une vraie temp\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\" alt=\"Une image contenant plein air, ciel, nuage, nature\n\nDescription g\u00e9n\u00e9r\u00e9e automatiquement\" width=\"284\" height=\"385\"><\/td><td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\" alt=\"images%20histoire\/chausettes%20mouill\u00e9s%20b.jpeg\" width=\"274\" height=\"374\"><\/td><\/tr><tr><td>Temp\u00eate sur la c\u00f4te ouest<\/td><td>En s\u00e9chant les chaussettes<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Le temps change brutalement. Les premi\u00e8res gouttes arrivent d\u00e9j\u00e0, elles sont de plus en plus grosses, et si nous n\u2019installons pas la tente tr\u00e8s vite nous allons \u00eatre tremp\u00e9s et rinc\u00e9s. Un seul endroit est laiss\u00e9 libre par le maquis&nbsp;: la plage, cinquante m\u00e8tres plus bas. Nous courons&nbsp;; nous sortons la tente du sac et l\u2019installons face aux vagues. G\u00e9rer une tente sous la pluie, cela veut-dire contr\u00f4ler les parcours de l\u2019eau. Il y a le parcours th\u00e9orique, o\u00f9 l\u2019eau reste sagement sous le double-toit de la tente, et le non-mouill\u00e9 reste \u00e0 l\u2019abri du mouill\u00e9, et puis tous les parcours parasites qui aboutissent l\u00e0 o\u00f9 il ne le faut pas, d\u00e9gradant la s\u00e9paration entre sec et pas sec. La d\u00e9fense de l\u2019espace non mouill\u00e9 et la fabrication de boissons chaudes nous occupent avec bonheur pendant les 36 heures qui suivent.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce confinement sous la pluie a \u00e9t\u00e9 pour C\u00e9lie et moi un test de notre relation. Je ne me suis pas ennuy\u00e9.&nbsp;Apr\u00e8s ces 36 heures, nous avons toujours du plaisir \u00e0 \u00eatre ensemble, les jours et les nuits passent trop vite, et nous n\u2019avons pas \u00e9puis\u00e9 les sujets de conversations. On pourrait proposer ainsi un&nbsp;test de compatibilit\u00e9 sentimentale \u00ab&nbsp;camping sous la pluie&nbsp;\u00bb. Voulez-vous d\u00e9terminer rapidement comment pourrait \u00e9voluer une relation avec&nbsp;une personne que vous connaissez imparfaitement ? Allez donc camper (\u00e0 2) sous la pluie. Si, apr\u00e8s quelques jours, vous \u00eates un peu lass\u00e9s de l\u2019autre personne et si vous pouvez pr\u00e9dire ses r\u00e9actions, si les jours et les nuits durent un peu trop longtemps, peut-\u00eatre pourriez-vous faire un choix de compagne ou de compagnon qui serait plus stimulant. Mais si les jours et les nuits sont trop courts, m\u00eame apr\u00e8s ce confinement impos\u00e9, alors vous pouvez essayer de construire un projet commun.<\/p>\n\n\n\n<p>Le beau temps revient et nous faisons s\u00e9cher une par une nos possessions. Nous voulons monter au village d\u2019Ota, qui se cache et s\u2019\u00e9tire au-dessus de la c\u00f4te. En longeant une petite rivi\u00e8re, nous d\u00e9couvrons un pont g\u00e9nois, typique avec son dos d\u2019\u00e2ne tr\u00e8s prononc\u00e9, un miracle de la ma\u00e7onnerie mais pourquoi faut-il monter si haut pour traverser une rivi\u00e8re&nbsp;? Le pont supporte un chemin qui semble aller de nulle part \u00e0 nulle part, mais \u00e7a n\u2019est pas possible, un chemin va toujours de quelque part \u00e0 quelque part et ces quelque part sont plus importants que les r\u00e9gions travers\u00e9es. En cherchant un peu nous d\u00e9couvrons que ces chemins m\u00e8nent \u00e0 des terrasses qui sont reli\u00e9es par des escaliers qui vont \u00e0 d\u2019autres terrasses, d\u2019autres chemins et d\u2019autres ponts. Il y a la plus de vieilles pierres et d\u2019escaliers que je n\u2019en ai vus \u00e0 Machu Pichu.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\" alt=\"images%20histoire\/escaliers%20b.jpeg\" width=\"361\" height=\"264\"><\/td><\/tr><tr><td>Agriculture verticale.&nbsp; Les pierres ont \u00e9t\u00e9 tir\u00e9es de la rivi\u00e8re et n\u2019ob\u00e9issent probablement pas \u00e0 la r\u00e8gle de Delplanque.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9s au village d\u2019Ota, C\u00e9lie parle avec l\u2019\u00e9pici\u00e8re et j\u2019aborde quelques consommateurs. Ils nous disent&nbsp;: ces terrasses, autrefois, on les cultivait, maintenant on ne s\u2019en sert plus que pour parquer les ch\u00e8vres. En me documentant un peu, j\u2019apprends que cette r\u00e9gion o\u00f9 la montagne plonge dans la mer supportait autrefois une agriculture en terrasses, semblable \u00e0 celle qui a subsist\u00e9 en Italie dans les Cinque Terre. Mais quand la premi\u00e8re guerre mondiale est survenue, on a pris tous les hommes jeunes pour faire la guerre et ces hommes sont morts ou bien ils ont pris des emplois dans la fonction publique et dans la police. Ils ne sont pas revenus entretenir leur terrain ni leurs murets. L\u2019agriculture verticale intensive s\u2019est \u00e9croul\u00e9e parce qu\u2019il n\u2019y avait plus la main-d\u2019\u0153uvre capable de maintenir en \u00e9tat des cultures en terrasses.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons remarqu\u00e9 le dos d\u2019\u00e2ne tr\u00e8s affirm\u00e9 et le tablier tr\u00e8s mince caract\u00e9ristiques de la tradition g\u00e9noise.<\/p>\n\n\n\n\n\n<p>Pont g\u00e9nois entre Porto et Ota.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><a><\/a><a>Couch\u00e9s dans le foin au chalet d\u2019alpage&nbsp;de Chanin<\/a><\/h2>\n\n\n\n<p>C\u00e9lie et moi avons eu une autre occasion de coucher dans le foin, lors de notre visite \u00e0 Chanin en 1998. C\u2019est un chalet d\u2019alpage, situ\u00e9 sur une cr\u00eate en altitude, plus haut que les arbres (2200 m). Ce chalet comporte une \u00e9table semi-enterr\u00e9e, une grange au-dessus de l\u2019\u00e9table et une petite cuisine en fa\u00e7ade. Il est bien plac\u00e9 pour un berger qui doit surveiller ses troupeaux (la vue est magnifique) mais tr\u00e8s expos\u00e9 au vent. Tout ce qu\u2019on am\u00e8ne \u00e0 Chanin est le r\u00e9sultat d\u2019une dure bataille&nbsp;: presque toute la nourriture, tous les mat\u00e9riaux, tous les outils sont port\u00e9s, l\u2019eau est amen\u00e9e par d\u00e9rivation d\u2019un ruisseau existant&nbsp;.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><a>La ruine de Chanin<\/a><\/h3>\n\n\n\n<p>Le chalet de l\u2019Alpage de Chanin a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit par une temp\u00eate d\u2019automne il y a quelques ann\u00e9es&nbsp;: On peut penser qu\u2019un passant ou un chasseur aurait visit\u00e9&nbsp;le chalet et n\u2019aurait pas referm\u00e9 la porte de la grange. Le vent se serait engouffr\u00e9 dans la grange et aurait soulev\u00e9 le toit. En retombant de travers, le toit aurait cass\u00e9 les murs, conduisant \u00e0 la ruine du chalet.<\/p>\n\n\n\n\n\n<p>Chanin, la ruine du chalet.&nbsp; Visiter&nbsp; <a href=\"http:\/\/www.chanin.net\">www.chanin.net<\/a> puis \u00ab&nbsp;histoire s\u2019une reconstruction&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mes cousins ont rachet\u00e9 cette ruine et l\u2019ont reconstruite conforme \u00e0 l\u2019original. La premi\u00e8re \u00e9tape a \u00e9t\u00e9 le r\u00e9tablissement d\u2019un chemin facilitant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 Chanin. La seule concession faite \u00e0 la modernit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 le recours \u00e0 l\u2019h\u00e9licopt\u00e8re pour le transport des mat\u00e9riaux (une journ\u00e9e pour 32 rotations de l\u2019h\u00e9licopt\u00e8re). En effet, les mulets qui auraient \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires n\u2019existent plus.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les photos ci-dessous montrent les \u00e9tapes de la reconstruction de Chanin.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les murs ont \u00e9t\u00e9 reconstruits en utilisant les pierres d\u2019origine \u00e0 leurs places suppos\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n\n\n<p>Chanin, reconstruction de la charpente<\/p>\n\n\n\n\n\n<p>Chanin&nbsp;: la cuisine reconstruite en utilisant les pierres d\u2019origine<\/p>\n\n\n\n\n\n<p>Chanin reconstruit, la grange. Merci de bien fermer la porte&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n\n\n<p>D\u00e9saccord dans le foin<\/p>\n\n\n\n<p>Commentaire de Marc Pernot apr\u00e8s le passage d\u2019une temp\u00eate en 2023&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Je ne peux pas dire que le chalet passera encore un hiver, ou deux ou trois, les temp\u00eates sont terribles sur la cr\u00eate \u00e0 2200m, mais il a quand m\u00eame tenu 30 ans. Ce n\u2019est pas nous qui avons vaincu la montagne, c\u2019est la montagne qui&nbsp;a bien voulu laisser notre chalet&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><a>Unilever.<\/a><\/h2>\n\n\n\n<p>Je veux d\u00e9couvrir des paysages qui stimulent mon imagination comme elle l\u2019avait \u00e9t\u00e9 dans les Alpes. L\u2019Ecosse semble attirante, par le m\u00e9lange qu\u2019elle fait de la terre avec la mer, par des vues par ses grands espaces non cultiv\u00e9s, par des d\u00e9grad\u00e9s de couleurs qui sont \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 des contrastes m\u00e9diterran\u00e9ens, et par des vues qui s\u2019\u00e9tendent incroyablement loin. Le <em>West Highland Way<\/em> est une des plus belles randonn\u00e9es que l\u2019Ecosse puisse nous offrir.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre but de ce voyage est pour moi de visiter Gordon Tiddy dans les labos de Unilever \u00e0 PortSunlight pr\u00e8s de Liverpool.<\/p>\n\n\n\n<p>Par une combinaison improbable d\u2019avions, de trains et de bus nous voici \u00e0 Kyle of Loshalch, petit port sur la c\u00f4te ouest. Dans nos gros sacs \u00e0 dos nous avons mis la tente et tout le mat\u00e9riel de camping, et puis l\u2019\u00e9quipement contre la pluie, qui est fr\u00e9quente dans ces r\u00e9gions et peut durer plusieurs jours. Je pense que nous sommes pr\u00eats pour toutes les circonstances<\/p>\n\n\n\n<p>Sortis du port, nous suivons la trace qui remonte une longue pente herbeuse. Nous restons sur la trace, afin de ne pas d\u00e9ranger les milliers de petits insectes qui, d\u2019apr\u00e8s une rumeur, logent dans les tiges de cette herbe et seraient r\u00e9veill\u00e9s par nos pas.&nbsp;Nous arrivons \u00e0 un replat. La vue est magnifique&nbsp;: n\u2019est-ce pas un bon endroit pour passer la nuit ? Nous passons la soir\u00e9e \u00e0 faire le diner, install\u00e9s dans nos sacs de couchage. Il est temps de dormir. Mais C\u00e9lie ne peut pas dormir, parce qu\u2019elle souffre de d\u00e9mangeaisons au cou et aux \u00e9paules. Je ne vois pas de pr\u00e9dateur dans la tente. Je v\u00e9rifie que le filet anti-moustiques est bien ferm\u00e9, il l\u2019est. C\u00e9lie insiste. Je prends la lampe torche et je la pointe vers l\u2019entr\u00e9e de la tente, l\u00e0 o\u00f9&nbsp;il y a ce filet. Horreur&nbsp;! Je vois des hordes de tr\u00e8s petits insectes qui passent \u00e0 travers les mailles du filet anti-moustiques, sans difficult\u00e9 apparente. Il y en a partout. Nous nous cachons tant bien que mal dans nos sacs de couchage.<\/p>\n\n\n\n<p>En parlant avec d\u2019autres personnes, ils nous apprennent que nous avons \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9s par des<em> mitges<\/em>, des mouches microscopiques qui rongent la peau des humains. Pendant notre diner, nous \u00e9tions des cibles statiques id\u00e9ales.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous quittons la c\u00f4te ouest et prenons un bus pour la c\u00f4te Est&nbsp;de l\u2019Ecosse, o\u00f9 les vues sont moins spectaculaires mais o\u00f9 il y a peu de moustiques et aucun <em>mitges.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Glisser sur la neige, est-ce naturel&nbsp;? Los Angeles est entour\u00e9e de montagnes (altitudes 2600 \u00e0 3300 m), et il a neig\u00e9 dans la nuit sur ces montagnes. Je souhaite f\u00eater \u00e0 ma mani\u00e8re l\u2019arriv\u00e9e de cette nouvelle neige. C\u00e9lie emprunte une voiture \u00e0 ses parents et nous prenons le t\u00e9l\u00e9f\u00e9rique de San Jacinto pour marcher [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-41","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bernardcabane.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/41","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bernardcabane.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/bernardcabane.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bernardcabane.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bernardcabane.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=41"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/bernardcabane.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/41\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":373,"href":"https:\/\/bernardcabane.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/41\/revisions\/373"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bernardcabane.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=41"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}